#đŸœïž Le rĂ©gime des coureurs d’ultra-trail : 24h de nutrition non-stop pour dompter l’endurance

Tu t’es dĂ©jĂ  demandĂ© ce qui se passe dans l’assiette – ou plutĂŽt dans la musette – d’un coureur d’ultra-trail pendant 24 heures non-stop ? Ce n’est plus seulement une question de sport, c’est une vĂ©ritable guerre logistique contre la fatigue, la fatigue nerveuse et la fonte musculaire. Contrairement Ă  ce que l’on croit, l’ultra-trail ne se gagne pas uniquement avec des jambes entraĂźnĂ©es, mais surtout avec un ventre capable d’absorber jusqu’à 8 000 Ă  10 000 calories sur une journĂ©e complĂšte d’effort. Aujourd’hui, je te plonge dans les coulisses d’un rĂ©gime des coureurs d’ultra-trail version 24h, en mode expert et sans filtre. On va parler Ă©picerie sucrĂ©e, petits dĂ©jeuners monstrueux, ravitaillements nocturnes et stratĂ©gies que mĂȘme les diĂ©tĂ©ticiens du sport adorent dĂ©tester
 ou presque.

##🏁 Phase 1 – H-12 Ă  H-1 : Le lancement mĂ©tabolique

La veille d’un ultra, l’erreur classique du rookie ? « Je vais faire un stock monstre de pĂątes. » Grave erreur. Je consulte rĂ©guliĂšrement Antoine Vernet, diĂ©tĂ©ticien du sport pour l’équipe de France de trail (et lui-mĂȘme finisher du Grand Raid). Antoine me rĂ©pĂšte sans cesse :

*« Le rĂ©gime des coureurs d’ultra-trail ne commence pas au dĂ©part. Il commence 12 heures avant, avec un dĂźner semi-rapide, peu fibreux, mais hyperglycĂ©mique. »*

ConcrĂštement, on oublie les lĂ©gumes crucifĂšres (brocolis, choux) qui fermentent dans l’intestin. On mise sur du riz blanc, de la compote de pommes sans sucre ajoutĂ©, et une source de protĂ©ines maigres (blanc de poulet ou tofu). Pourquoi ? Parce que l’objectif est de remplir les stocks de glycogĂšne musculaire sans activer la fermentation intestinale. À ce stade, ton Ă©picerie sucrĂ©e de chevet doit contenir : mielconfiture allĂ©gĂ©e et pĂąte Ă  tartiner sans huile de palme. Un coureur pro alterne une cuillĂšre de miel et une tartine de pain blanc toutes les 45 minutes avant le dĂ©part. Ça semble dingue, mais ça Ă©vite le fameux « mur » Ă  70 km.

##🌅 Phase 2 – Le petit dĂ©jeuner de l’ultra-traileur (J+0, 2h avant le dĂ©part)

Ah, le petit dĂ©jeuner
 Ce moment sacrĂ© que les coureurs amateurs nĂ©gligent souvent. Pourtant, il dĂ©termine les 6 premiĂšres heures de course. Je te donne ma recette perso (validĂ©e par Antoine) :

  • 80g de flocons d’avoine cuits Ă  l’eau (pas de lait, trop long Ă  digĂ©rer)
  • 2 cuillĂšres Ă  soupe de miel toutes fleurs
  • 1 banane bien mĂ»re Ă©crasĂ©e
  • Une pincĂ©e de sel (oui, pour l’électrolyte)
  • CafĂ© trĂšs lĂ©ger (max 150ml)

L’élĂ©ment clĂ© ? Le sucre rapide et le sucre lent en synergie. Les flocons d’avoine libĂšrent l’énergie sur 4 heures, tandis que le miel et la banane agissent dĂšs les 30 premiĂšres minutes. Dans le jargon, on appelle ça un breakfast loading. Et surtout : pas de produits laitiers. Le lactose, en effort prolongĂ©, devient un ennemi redoutable. Je te vois venir
 « Mais je prends un yaourt nature le matin, moi ! » DĂ©trompe-toi : 80% des abandons pour troubles digestifs en ultra viennent d’un petit dej trop riche en casĂ©ine.

Dialogue entre un coureur débutant (D) et un vétéran (V) :

  • D : « Je comprends pas, j’ai mangĂ© un bol de cĂ©rĂ©ales Chocopops et un jus d’orange, et Ă  40 km j’avais des crampes d’estomac.
  • V : Rigole Mon gars, t’as ingĂ©rĂ© du sucre raffinĂ© sans fibres ni minĂ©raux. Le rĂ©gime des coureurs d’ultra-trail, c’est de la chimie de prĂ©cision. Les Chocopops, c’est pour tes gamins, pas pour ton intestin en mode guerre. »

##đŸƒâ€â™‚ïž Phase 3 – Les 8 premiĂšres heures : le ravitailleton continu

J’ai appris Ă  mes dĂ©pens qu’en ultra, « manger » signifie « avaler sans s’arrĂȘter ». DĂšs la premiĂšre heure, la rĂšgle d’or : 200 Ă  300 calories par heure, systĂ©matiquement. Voici comment je structure mes ravitaillements solides et liquides sur 8h :

IntervalleType d’apportExemple d’épicerie sucrĂ©e
0h – 2hLiquide + gel isotoniqueGel Ă  la fraise, eau minĂ©rale + Ă©lectrolytes
2h – 4hMixte (barre + boisson)Barre de cĂ©rĂ©ales au miel, compote en gourde
4h – 6hSolide mouPain d’épicespĂąte de fruits maison
6h – 8hGras-sucrĂ© stratĂ©giqueBeurre de cacahuĂšte + confiture sur pain blanc

Ce planning s’appelle le feeding windows. Pourquoi du gras Ă  6h ? Parce qu’à ce moment-lĂ , ton corps a Ă©puisĂ© une partie du glycogĂšne et commence Ă  taper dans les graisses. Le beurre de cacahuĂšte fournit des lipides Ă  chaĂźne moyenne, transformables sans passer par le foie. Un champion comme François D’Haene utilise ce principe : une poche de purĂ©e d’amande sucrĂ©e toutes les 4 heures, en complĂ©ment.

đŸš« PiĂšge Ă  Ă©viter : les boissons trop froides. Elles contractent l’estomac et bloquent l’absorption. Toujours Ă  tempĂ©rature ambiante.

##🌙 Phase 4 – De la 8e Ă  la 16e heure : la nuit, ce mur sucrĂ©

C’est le moment oĂč le rĂ©gime des coureurs d’ultra-trail bascule dans le « mange ou meurs ». La fatigue nerveuse altĂšre la perception du goĂ»t ; tout devient fade, voire dĂ©goĂ»tant. J’ai vu des athlĂštes pleurer sur une compote de pommes. Pour contrer ça, j’utilise trois astuces que je tiens d’Antoine Vernet :

  1. Rotation des saveurs : sucrĂ©-salĂ©-amer – toutes les 2 heures. AprĂšs un cookie au chocolat, on envoie une gorgĂ©e de bouillon cube salĂ©.
  2. Épicerie sucrĂ©e de secours : dans ma poche arriĂšre, j’ai toujours 3 caramels mous au beurre salé (type Louisiane). Le gras + sucre + sel rĂ©veille les papilles comme un Ă©lectrochoc.
  3. Le cafĂ© gourmand : un cafĂ© court (30ml) avec un carrĂ© de chocolat noir 85% – la cafĂ©ine booste l’éveil, le magnĂ©sium du chocolat calme les crampes.

Pendant ces 8 heures nocturnes, l’erreur fatale, c’est d’avaler des protĂ©ines complexes (viande, fromage). Ton systĂšme digestif ralentit de 40% la nuit. RĂ©sultat : nausĂ©es, ballonnements, et parfois abandon. On reste sur des purĂ©es de fruits, des compotes en gourdes, des pĂątes de coing et du riz au lait Ă  la cannelle.

Slogan perso d’Antoine : « La nuit, le sucre est ton garde-fou ; les protĂ©ines, ton cercueil. »

##☀ Phase 5 – Les 8 derniĂšres heures (H16 Ă  H24) : la gestion mentale et le « second vent »

Tu y es presque. À 16 heures de course, ton cerveau est grillĂ©, ton foie a traitĂ© des quantitĂ©s industrielles de fructose et de glucose. Pourtant, c’est lĂ  que le rĂ©gime des coureurs d’ultra-trail devient une arme psychologique. Je mise sur deux approches :

  • Le rappel sucrĂ© « souvenir d’enfance » : une licorne acidulĂ©e, un Pim’s orange, deux biscuits Ă  la confiture de fraises. L’effet Ă©motionnel libĂšre de la dopamine, ce qui relance la motricitĂ©.
  • L’ultra-boisson maison : 500ml d’eau, 3 cuillĂšres de miel d’acacia, jus d’1/2 citron, 1g de sel. Parfait pour l’absorption terminale.

Je dialogue souvent avec des coureurs Ă  ce stade :

  • Lui : « Je n’avale plus rien, j’ai mal au cƓur. »
  • Moi : « Alors tu mastiques un fruit confit ou un morceau de pain d’épices sans avaler, juste pour que les rĂ©cepteurs buccaux envoient un signal de satiĂ©tĂ© Ă  ton cerveau. Et tu recraches. C’est moche, mais ça marche. »

Dix ans de pratique m’ont appris que les 8 derniĂšres heures se gagnent au rayon Ă©picerie sucrĂ©e de la supĂ©rette du village de passage. Pourquoi ? Parce que ces produits ultra-transformĂ©s mais bien dosĂ©s (sucre glucose-fructose, peu de fibres) passent mieux qu’une barre Ă©nergĂ©tique « spĂ©cial athlĂšte » trop riche en protĂ©ines. La science confirme : aprĂšs 16h d’effort, l’index glycĂ©mique Ă©levĂ© est un atout, pas une faute.

##🧠 La FAQ des ventres affamĂ©s (ma pas cassĂ©s)

Q1 : Quel est le meilleur petit déjeuner avant un ultra de 24h ?
R : Un porridge Ă  l’eau (flocons d’avoine), miel + banane, et un cafĂ© trĂšs lĂ©ger. Pas de produits laitiers. Pas de jus d’orange (trop acide). Le petit dĂ©jeuner idĂ©al se mange 2h30 avant le dĂ©part, puis une micro-collation sucrĂ©e 30 min avant (un demi pain au lait ou deux cuillĂšres de confiture).

Q2 : Combien de calories brûle un coureur en 24h ?
R : Entre 8 000 et 12 000 kcal. Mais l’intestin n’en absorbe que 65% en moyenne. D’oĂč l’importance de privilĂ©gier les sucres simples (miel, fruits secs, compotes) qui passent plus vite.

Q3 : L’épicerie sucrĂ©e classique est-elle adaptĂ©e Ă  l’ultra ?
R : Oui, mais sĂ©lective. Les pĂątes de fruits, les marshmallows (sans gĂ©latine bovine si possible), le pain d’épices, les madeleines et les biscuits secs type Petit Beurre sont excellents. À Ă©viter : les bonbons trop acides (brĂ»lures d’estomac) ou les gĂąteaux Ă  la crĂšme (fermentation).

Q4 : Comment faire quand on n’a plus faim à 3h du matin ?
R : On passe au liquide : bouillon salĂ© tiĂšde, eau sucrĂ©e au miel, ou compote liquide en gourde. On mĂąche un fruit sec (abricot, datte) trĂšs lentement, 10 minutes, sans avaler forcĂ©ment. Le rĂ©flexe cĂ©phalo-pharyngĂ© relance l’appĂ©tit.

Q5 : Faut-il un jour de « décharge sucrée » aprÚs un ultra ?
R : Non. Le piĂšge serait de continuer Ă  manger sucrĂ©. On repasse en 48h Ă  un rĂ©gime protĂ©inĂ©-lipidique (Ɠufs, avocat, lĂ©gumes verts) pour rĂ©parer les tissus. Le sucre post-course ne sert qu’à reconstituer le glycogĂšne pendant 4h, pas plus.

##🎯  VoilĂ , tu sais presque tout du rĂ©gime des coureurs d’ultra-trail sur 24h. Mais si je devais rĂ©sumer en une image : c’est un mariage forcĂ© entre l’épicerie sucrĂ©e de ta grand-mĂšre et une stratĂ©gie militaire. J’ai vu des athlĂštes incroyables abandonner parce qu’ils avaient sous-estimĂ© un petit dĂ©jeuner trop riche en fibres, et d’autres, moins entraĂźnĂ©s, finir grĂące Ă  une poche de miel volĂ©e dans un refuge. L’humour dans l’histoire, c’est que ton estomac, cet organe si sophistiquĂ©, se comporte soudainement comme un panier de courses : il accepte ce qu’il reconnaĂźt, et rejette ce qu’il juge trop « sain ». Alors oui, un Pim’s Ă  la fraise Ă  3h du matin, c’est probablement plus efficace qu’une barre nutraceutique au quinoa. Et si tu veux mon slogan perso, le voici :

« Mange doux, avance loin, et ton ventre te dira merci
 ou pas, mais tu finiras. »

Pour terminer sur une note humoristique : sais-tu ce qu’un ultra-traileur demande Ă  son kinĂ© aprĂšs 24h de course ? « Rallonge-moi deux Kinder Bueno
 et une perfusion de sirop d’orgeat, j’ai plus goĂ»t Ă  rien. » Plus sĂ©rieusement, applique ces principes, teste-les sur des sorties longues, et deviens ce coureur qui arrive Ă  l’arrivĂ©e avec le sourire
 et deux kilos de pĂątes de fruits dans les poches. Alors, prĂȘt Ă  ouvrir ta propre Ă©picerie sucrĂ©e nomade ?

Antoine Vernet (diĂ©tĂ©ticien expert) ajoute en souriant : « Le rĂ©gime des coureurs d’ultra-trail, c’est la seule diĂ©tĂ©tique oĂč tu peux dire “j’ai dĂźnĂ© avec trois madeleines et un cafĂ©â€ sans qu’on te regarde de travers. Profites-en, ça ne dure que 24 heures. » đŸŻđŸ”ïž

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