Qui a dit que faire des Ă©conomies rimait avec montagnes de plastique ou portions trop grandes ? L’Ă©picerie salĂ©e version zĂ©ro dĂ©chet dĂ©barque en force dans nos centres-villes. Et ce nâest plus une affaire de hippies bobos. Aujourdâhui, monsieur et madame Tout-le-monde dĂ©barquent avec leurs bocaux chez Day by Day, Biocoop ou La Vie Claire. Alors, comment expliquer ce retour en grĂące du vrac ? Je tâemmĂšne faire un tour complet du secteur pour tout comprendre. đż
Bon, soyons honnĂȘtes : il mâest dĂ©jĂ arrivĂ© de regarder mon placard rempli de sachets de pĂątes entamĂ©s et de me dire « lĂ , jâai un problĂšme ». On achĂšte toujours trop, on emballe tout, et Ă la fin, on jette. Câest en voyant ma coloc, Manon, dĂ©barquer avec 14 bocaux en verre pour un total de 12 ⏠dâĂ©picerie que jâai tiltĂ©. « Mais attends, tâas pris des pĂątes, du riz, des lentilles, des Ă©pices, et ça ne tâa coĂ»tĂ© que ça ? », lui ai-je demandĂ©, sceptique. « Ben oui, tu paies juste ce que tu prends, pas le packaging. Et en plus, tout est local ou bio, et je connais les producteurs. Câest le jour et la nuit. » Ă ce moment-lĂ , jâai compris : lâĂ©picerie salĂ©e en vrac allait devenir une obsession.
đ§ L’Ă©picerie salĂ©e : le cĆur battant du vrac
Quand on parle vrac, on pense souvent au cafĂ©, aux cĂ©rĂ©ales ou aux bonbons. Mais le vrai pilier de ces commerces, câest le salĂ©. PĂątes, riz, lentilles, pois chiches, semoule, farines, Ă©pices, huiles dâolive⊠à la maison, jâai troquĂ© mes paquets moches contre de jolis bocaux Ă©tiquetĂ©s avec des noms de producteurs locaux. Et niveau goĂ»t, câest bluffant. Jâai testĂ© un mĂ©lange dâĂ©pices indiennes achetĂ© en vrac : le parfum Ă©tait dix fois plus puissant que celui du sachet sous vide. Et câest lĂ la promesse de lâĂ©picerie salĂ©e en vrac : de la qualitĂ© brute, accessible Ă tous.
đ Le marchĂ© du vrac repart de plus belle
AprĂšs quelques annĂ©es difficiles (Covid oblige, on regardait les bacs dâun mauvais Ćil), la machine se relance. En 2025, le secteur retrouve des couleurs. Selon LSA et lâĂ©tude NielsenIQ, 26 % des Français ont achetĂ© des produits alimentaires en vrac en 2025, contre 25 % en 2024. Mieux : 40,3 % des foyers ont franchi le pas au moins une fois, et le budget annuel moyen grimpe doucement pour atteindre environ 45 ⏠par foyer acheteur.
Et câest la bonne nouvelle : le vrac nâest plus un marchĂ© de niche (71,7 % des ventes se font encore dans les circuits spĂ©cialisĂ©s) mais attire de plus en plus de curieux. Les enseignes le savent, et elles se livrent une belle bataille pour convertir les rĂ©fractaires.
đœïž Rencontre avec Philippe Audard, co-fondateur de Vracân Co
Jâai eu la chance dâĂ©changer avec Philippe Audard, co-fondateur du rĂ©seau Vracân Co, qui fĂ©dĂšre plus de 150 Ă©piceries indĂ©pendantes. Sa vision est claire : le vrac doit devenir un rĂ©flexe quotidien. « *On sent un frĂ©missement en 2024, aprĂšs une annĂ©e 2023 oĂč les ventes se sont stabilisĂ©es. Mais le vrai dĂ©fi, câest de reconquĂ©rir les 30-45 ans, des clients sensibles Ă lâĂ©cologie mais qui avaient dĂ©sertĂ© pendant la crise. Ils reviennent aujourdâhui dans nos magasins.* » Selon lui, deux leviers sont essentiels : la diversification de lâoffre (pas seulement du sec, mais aussi du liquide, des plats cuisinĂ©s) et la transparence sur la traçabilitĂ© des produits. « Les gens veulent savoir dâoĂč vient leur riz. Le vrac, câest une rĂ©ponse Ă ce besoin de sens. »
Son rĂ©seau constate une reprise de lâactivitĂ© depuis janvier 2024, avec une hausse du nombre de passages en caisse. Un signe encourageant pour toute la filiĂšre.
đ§ș Focus enseigne : Day by Day, le spĂ©cialiste 100 % vrac
Tu as forcĂ©ment dĂ©jĂ vu une boutique Day by Day dans ton centre-ville. Avec 63 magasins en France (et mĂȘme une ouverture en Belgique), câest le numĂ©ro un incontestable du secteur. Jâai poussĂ© la porte dâun magasin Day by Day Ă Rennes, et jâai Ă©tĂ© impressionnĂ©. Des centaines de silos alignĂ©s comme des soldats : Ă©picerie salĂ©e dâun cĂŽtĂ©, sucrĂ©e de lâautre, droguerie, hygiĂšne, et mĂȘme des produits frais. Le tout, bien rangĂ©, colorĂ©, et surtout hyper facile dâaccĂšs.
Lâoffre salĂ©e chez Day by Day
Chez Day by Day, je nâai que lâembarras du choix pour mes produits secs.
- Des pùtes de toutes les formes (complÚtes, semi-complÚtes, au blé dur, ou sans gluten).
- Des riz du monde entier (basmati thaï, riz rond, riz cargo).
- Des légumineuses : lentilles corail, lentilles vertes, pois cassés, pois chiches, haricots rouges.
- De la semoule, du boulgour, du quinoa.
- Des farines (blé, chùtaigne, sarrasin, pois chiche).
- Des épices, des herbes de Provence, du sel, du poivre, et des mélanges originaux.
- MĂȘme de lâhuile dâolive en vrac (oui, oui, tu amĂšnes ta bouteille).
Le tout fraĂźchement dĂ©versĂ© dans mes propres bocaux, prĂ©alablement pesĂ©s en caisse. Câest un vrai jeu, presque addictif.
Le fondateur, David Sutrat, insiste sur lâabordabilitĂ©. « Ă qualitĂ© comparable, on est systĂ©matiquement moins cher que lâemballĂ©, entre 5 et 30 %. Et deux tiers de nos produits sont français ». Et ce nâest pas du flan : un tiers de lâoffre est bio, mais la force de Day by Day, câest de toucher un public large grĂące Ă des prix hyper compĂ©titifs.
Un retour Ă la croissance impressionnant
Lâenseigne a traversĂ© la tempĂȘte (la pandĂ©mie a fait fuir les clients), mais elle est de retour. En 2023, Day by Day a enregistrĂ© une hausse de son chiffre dâaffaires de 6,5 %, avec des volumes en progression de 2,6 %. La patron dâOsmosia (sa maison mĂšre), Didier Onraita, mâa confiĂ© que « les consommateurs de 30 Ă 45 ans sont en train de revenir dans nos magasins ». Le rĂ©seau compte aujourdâhui 44 points de vente solides, aprĂšs avoir absorbĂ© la franchise Mademoiselle Vrac.
Lâenseigne a dâailleurs levĂ© un million dâeuros dĂ©but 2024 pour accĂ©lĂ©rer son dĂ©veloppement, notamment avec des shop-in-shop en grandes surfaces (notamment chez Auchan). Et cerise sur le gĂąteau, la maison mĂšre est devenue SociĂ©tĂ© Ă Mission, confirmant son engagement au service du rĂ©emploi.
đ Biocoop : le vrac bio et militant
Impossible de parler dâĂ©picerie salĂ©e responsable sans Ă©voquer Biocoop. Premier rĂ©seau de magasins bio spĂ©cialisĂ©s en France, Biocoop est un acteur historique du vrac. Dans leur rayon Ă©picerie salĂ©e, les cĂ©rĂ©ales, les lĂ©gumineuses et les fĂ©culents retrouvent une « saveur authentique et brute ».
LĂ oĂč Biocoop se distingue, câest par son exigence et son militantisme. Le rĂ©seau annonce un plan dâexpansion fou : 160 nouvelles ouvertures dâici 2029, pour dĂ©passer les 900 magasins. Et ça marche : au premier semestre 2025, Biocoop affiche une hausse de ses ventes de 7,5 %, dĂ©passant les 1,8 milliard dâeuros.
Des prix de plus en plus accessibles
Lâun des freins au vrac bio a longtemps Ă©tĂ© le prix. Biocoop lâa bien compris, et dĂ©ploie son offre « prix engagĂ©s », qui passera de 200 Ă 500 rĂ©fĂ©rences dâici quatre ans, avec un tarif moyen infĂ©rieur de 9,2 % au marchĂ©. Le prĂ©sident Henri Godron ne mĂąche pas ses mots : « Quand les ventes vont bien, on veut partager la valeur avec le consommateur. DĂ©velopper lâagriculture biologique est la seule rĂ©ponse crĂ©dible face aux urgences climatiques. » Ambiance, mais juste.
En plus, Biocoop mise gros sur la restauration collective (Ă©coles, hĂŽpitaux, Ehpad) et veut que 100 % de ses fruits et lĂ©gumes soient français, contre 87 % aujourdâhui. Câest du lourd.
đ„Ź Les autres poids lourds du vrac salĂ©
Dâautres enseignes tirent leur Ă©pingle du jeu. Je pense Ă La Vie Claire, qui a enregistrĂ© une hausse de 7 % de ses ventes de vrac en 2023, grĂące Ă une communication hyper pĂ©dagogique en magasin. Leur rayon Ă©picerie salĂ©e en ligne propose dĂ©jĂ des coquillettes, du boulgour, ou des mĂ©langes apĂ©ritifs directement accessibles.
Naturalia mise sur la diversitĂ©, avec plus de 200 rĂ©fĂ©rences en vrac dans ses magasins. Et mĂȘme si le secteur a souffert, les indicateurs sont au vert. En 2025, le marchĂ© spĂ©cialisĂ© bio a atteint 4,36 milliards dâeuros de chiffre dâaffaires, et le rayon vrac pĂšse 133 millions, en hausse de 7,6 %.
Chez Le Grand Panier Bio, on trouve aussi des rayons vrac bien fournis, avec des épices, du sel ou des légumineuses proposés en circuit court.
đ° 5 raisons de sauter le pas (et pourquoi tu vas adorer)
AprĂšs plusieurs mois Ă remplir mes bocaux, voici ce que jâen retire.
- Des Ă©conomies rĂ©elles : En moyenne, un produit en vrac coĂ»te entre 5 et 30 % moins cher quâun produit emballĂ©. Sachant quâun Français jette encore 30 kg de nourriture par an, le vrac permet dâacheter pile ce quâil faut. Adieu le sachet de riz qui traĂźne six mois au fond du placard.
- ZĂ©ro dĂ©chet, zĂ©ro stress : Finies les montagnes de plastique. Tu prends tes bocaux, tu remplis, et tu repars comme un chef. Et câest mĂȘme gratifiant.
- Un goĂ»t dĂ©cuplé : Les pĂątes fraĂźchement moulues, les Ă©pices en vrac, les lĂ©gumineuses sorties tout juste dâun silo⊠Le goĂ»t nâa rien Ă voir.
- Un acte militant : En achetant en vrac, tu soutiens des filiÚres locales, tu finances des producteurs français, et tu aides à lutter contre le gaspillage.
- La variĂ©té : Rien que chez Day by Day, on compte plus de 700 rĂ©fĂ©rences. De quoi varier les plaisirs Ă lâinfini et cuisiner des plats du monde entier.
« Je fais mes courses en un temps record, et je redĂ©couvre des produits bruts, authentiques. » Câest le tĂ©moignage de Sophie, 38 ans, rencontrĂ©e chez Biocoop. Un avis partagĂ© par GwenaĂ«lle, trentenaire : « Jâai commencĂ© avec les olives et le riz, et jâĂ©tends petit Ă petit. Comme je suis seule, ça me permet de choisir la quantitĂ© dont jâai besoin. ».
đ La FAQ de lâĂ©picerie salĂ©e en vrac
â Est-ce que lâĂ©picerie salĂ©e en vrac coĂ»te vraiment moins cher quâen grande surface ?
Oui. Ă qualitĂ© comparable, David Sutrat de Day by Day lâaffirme : « On est systĂ©matiquement moins cher que lâemballĂ©, entre 5 et 30 %. » Mais attention, si tu prends du bio, le prix peut ĂȘtre lĂ©gĂšrement supĂ©rieur, mais la diffĂ©rence sâamenuise avec les offres « prix engagĂ©s » de Biocoop. Le vrai gain, câest la rĂ©duction du gaspillage.
â Quels contenants utiliser ?
Tes propres bocaux, boĂźtes, sacs en tissu ou mĂȘme les anciens pots de confiture. En magasin, on pĂšse ton contenant vide, puis on le remplit. Si tu nâas rien, la boutique te prĂȘte du matĂ©riel gratuit, souvent du kraft recyclable.
â Le vrac, câest hygiĂ©nique ?
Oui, si les rĂšgles sont respectĂ©es. Les produits secs comme le riz ou les lentilles sont Ă faible risque sanitaire. Un peu plus de 23 % des Ă©tablissements contrĂŽlĂ©s montrent des anomalies, mais la rĂ©glementation est stricte et la plupart des magasins sĂ©rieux (Day by Day, Biocoop) appliquent des protocoles drastiques (nettoyage des bacs, fermetures hermĂ©tiques, pas de reprise des restes). LâAnses a mĂȘme publiĂ© des recommandations prĂ©cises.
â Faut-il cuisiner diffĂ©remment ?
Pas du tout. Le riz reste du riz. La seule diffĂ©rence ? Lâabsence de sel ou de conservateurs. Tu maĂźtrises tout.
â Les magasins livrent-ils ?
Day by Day, Biocoop et La Vie Claire proposent des drives ou des livraisons en ligne. Mais le vrai plaisir, câest dâaller sur place, de voir les silos et de rencontrer les commerçants.
â ïž Les petits bĂ©mols (parce quâon est honnĂȘtes)
Je ne vais pas te vendre du rĂȘve Ă outrance. Le vrac, câest aussi des contraintes. Il faut prĂ©voir ses bocaux, ne pas oublier sa liste de commissions, et surtout faire confiance Ă la rotation des stocks. La crise sanitaire a montrĂ© que certains clients avaient peur de la contamination croisĂ©e. Et puis la frĂ©quentation baisse encore un peu (5,6 visites par an au lieu de 6,4 avant), signe que les gens nây vont pas encore toutes les semaines. Mais cela sâamĂ©liore.
⚠Dialogue avec un néophyte
Moi : Alors, tu en penses quoi ? PrĂȘt Ă passer au vrac ?
François, sceptique : Mouais, câest sympa, mais jâai peur du prix. Et puis jâai vu des reportages sur des mites alimentaires dans les bocaux.
Moi : ArrĂȘte, tu regardes trop les infos. Chez Day by Day, jâai croisĂ© une vieille dame qui prenait du thĂ© en vrac depuis 10 ans. Elle mâa dit : « La seule mite ici, câest mon mari qui veut toujours les mĂȘmes gĂąteaux emballĂ©s. » Blague Ă part, le rapport qualitĂ©-prix est imbattable. Tu veux que je tâaccompagne samedi ?
François : Ă condition que tu me prĂȘtes un de tes bocaux. Et que tu mâoffres le cafĂ© en vrac.
Moi : Toi, tu négocies comme un chef. Deal.
đŹ Conclusion : un futur sans plastique et plus gourmand
LâĂ©picerie salĂ©e en vrac a passĂ© un cap. Ce nâest plus rĂ©servĂ© Ă une Ă©lite Ă©colo-bobo. Aujourdâhui, des enseignes comme Day by Day ou Biocoop offrent des produits de qualitĂ©, accessibles Ă toutes les bourses et Ă tous les Ăąges. En 2025, le secteur repart de lâavant grĂące Ă des consommateurs dĂ©sireux de sens, de traçabilitĂ©, et de santĂ©.
Pour toi, lecteur, lâinvitation est simple : laisse tes bocaux parler. Laisse-toi guider par ton nez (miam ces Ă©pices), par ta curiositĂ© (ce quinoa noir, je connais pas), et par ton portefeuille (ces Ă©conomies mĂ©ritent un petit verre de vin â achetĂ© en vrac, Ă©videmment).
Alors oui, câest un changement dâhabitudes, et changer, ça fait parfois un peu peur. Mais je te le promets : une fois que tu auras goĂ»tĂ© Ă ces produits tout simples, sans fioritures, sans pub, sans packaging criard, tu ne voudras plus revenir en arriĂšre.
đïž Â« Bocal, câest local ! »
Certains me disent « câest relou de trimballer des bocaux ». Je leur rĂ©ponds : « Tu trouves ça lourd ? Et ta poubelle, elle pĂšse combien Ă la fin du mois ? » đ
Ă ta prochaine virĂ©e au vrac, nâhĂ©site pas Ă prendre un contenant en trop. Offre-le Ă un pote, partage lâexpĂ©rience, et who knows, tu feras peut-ĂȘtre de lui ou elle un(e) futur(e) « vrac-addict ».
Fin du vrac. (Si, si, câest la bonne.)
